27 mars 2008
La conspiration capillaire
-Tu vas
voir, bientôt, je vais me barrer. lls vont pas s'en rendre compte, le temps de
se retourner, j'aurais mon salon...
Pendant toute mon adolescence, je suis
allé chez le même coiffeur...
- Attention, ce sera moins grand qu'ici... Au début,
ce sera même moins luxe. Mais bon, quand tu vas chez un coiffeur, c'est
pas pour la déco...
Les miroirs étaient en forme de hublots.
Tout le reste était un aquarium géant où quelques poissons exotiques
coulaient des jours heureux en regardant des hommes se faire couper les cheveux...
- Tu vois Sophia, la grande brune avec une frange,
elle part avec moi... Ils ne s'en doutent même pas. ça leur fera les
pieds à tout ces cons...
Pour un peu, tout aurait été luxe, calme,
revues pour homme et volupté si je n'avais pas eu ce même coiffeur qui
sempiternellement me rappelait depuis des années qu'un jour prochain, il allait
se barrer.
Ce con me faisait
redouter chaque rendez-vous.
- J'ai
mis de côté, j'ai vu les banques, je devrais avoir une réponse d'ici une
quinzaine. Si j'ai leur accord, je démarre demain... Hé, Motus, hein, t'en
parle à personne...
Je sais pas combien de fois, il m'a parlé de
ses projets. Je crois que j'ai grandi avec. Au début, j'étais assez petit, à
peine pubère, je le trouvais très impressionnant. Il était jeune, il avait de
l'ambition et du succès. Et déjà au début, quand il était la fierté de la
boutique, il me confiait ses secrets de conspiration.
- Si
quelqu'un du salon l'apprend, je suis mort. Professionnellement, je serais
mort.
Je sortais de là, je portais un lourd
secret, un acte de rébellion dont j'étais le complice malgré moi. De temps à
autre, j'aimais imaginer que les flics débarquent chez moi pour me
demander quel était le secret de Rémy, le coiffeur du salon
Jean Claude Philippe.
- Vous
voyez ces photos. Ce sont des gens qui ont disparu du salon les quelques
semaines après son départ. Où vont-elles ? Où est-ce qu'il les coiffe ?
Au fil des années, en
devenant ado, il a cessé de m'impressionner. D'autant que son aura
commençait à perdre de sa superbe.
![]()
La fin des années 80 approchait, sa coiffure
à la Miami Vice perdait de sa fraîcheur. Il était tant de relooker s'il ne
voulait pas finir dans un musée 80's. Pas encore vieux mais plus tout
à fait jeune. Il n'était plus la fierté de la boutique, juste un coiffeur dont
on est content. D'autres coiffeurs primés étaient arrivés dans le salon et
Rémy était devenu une étoile parmi d'autres.
- hier,
ils ont pas arrêter de m'emmerder. Hé Rémy ceci, hé Rémy cela, et que tu
passes pas assez le balai, et que c'est toujours les autres qui
font le boulot à ta place. Tu parles... Elle va avoir une sacré
surprise le jour où je ne serais plus là.
A force, le personnage perdait de sa
splendeur. Il s'usait à chaque conspiration. Ce n'était plus sur un coup de
tête, c'était pour un prochain mois, d'ici quelque temps... Il ne
voulait plus s'enfuir parce qu'il représentait une certaine valeur mais plus
parce que tout le monde autour de lui commençait à le faire chier.
L'habitude s'était installée et en avait profité pour lui couper les
ailes. Je l'ai vu jusqu'à mes vingt ans. Et finalement, Je suis parti avant
lui.
![]()
Je m'imagine dans quelques années, y
retourner, le découvrir en directeur de salon vieillissant qui,
en souvenir du bon vieux temps, me ferait une dernière coupe, tout en me
glissant à l'oreille.
- Les
jeunes, aujourd'hui, ils valent plus rien. Je te le dis à toi mais bientôt Je
vais tout fermer et je vais me barrer. J'ai un plan pour revendre la
boutique... Y faut voir les conditions mais ça à l'air juteux... A mon
avis d'ici un an ou deux... Trois peut-être...
26 mars 2008
Comment séduire une femme en vrai ?

Je ne vous cache pas que c'est le printemps.
Les bourgeons, les bulbes, le miel et les
abeilles, tout cela est à nouveau présent pour faire de la nature, un
enchantement permanent brillant de milles couleurs chamarées. Bon... ça c'est
pour la campagne.
L'homme urbain moderne, lui, se contrefout
de ce spectacle. La beauté des plantes, le renouveau de la nature,
c'est joli dans les parcs (et encore, y a des bêtes). A la limite, il
en parlera en soirée quand il aura épuisé tous les sujets
de conversation, un peu comme on parle de la neige à Noël et de la plage en
été. Pour l'heure, avide de sensations printanières inavouables, il a d'autres
choses en tête que de simples bourgeons (ou alors de très gros bourgeons).
Conduit par ses hormones, il est à l'affût telle une bête. La truffe en alerte,
les oreilles dressées, il cherche la femme, la vraie, et il n'y en a jamais vu
autant qu'en cette période de l'année. A croire qu'elles dormaient pendant
l'hiver...
Et la, je m'adresse à toi, le jeune qui
passe sur mon blog. Peu expérimenté, tu ne sais pas comment faire pour aborder
les femmes de ton âge. Un peu timide, tu as besoin de trucs et astuces d'un
"grand frère" sur le comment, le pourquoi mais aussi
avec qui et surtout le où. Petit chanceux, tu es tombé
sur LE site du séducteur-né, et je suis prêt à partager avec toi mes
conseils qui ont fait de moi, un être aimé et admiré par les femmes toutes
catégories confondues (bon ça ne se voit pas comme ça au début
quand on me connaît un peu, il n'est pas rare que l'on se
dise "oh la la, quel séducteur né, quel est son secret").
Prend ton cahier de classe et note
religieusement ces quelques conseils qui, je peux t'en assurer,
1) Se laver jour après jour (et recommencer ensuite)

On ne le crie pas sur tous les
toits mais les femmes, dans leur ensemble, ont un truc
avec l'hygiène qui nous échappe un peu à nous les hommes. Alors même
si ça coûte et que ça prend du temps sur la matinée, se laver
entièrement peut aider à faire de belles rencontres.
Et souvent, elles vous le diront :
"Hmm, tu sens bon/ Tu t'es lavé ce matin, hein / Cette odeur
de savon, c'est entêtant, c'est.../ Mon cher, vous sentez drôlement
bon". Ces phrases reviennent souvent quand on se lave quotidiennement.
2) La faire
rire
Les femmes, elles aiment
rire. C'est un plaisir simple, facile à partager qui vous permettra
d'obtenir un succès fou auprès de vos conquêtes. Si vous n'êtes pas
un expert de la gaudriole, pas de panique. Quelques exercices simples
devant votre glace vous permettront de libérer le comique qui est en
vous. Les blagues de l'Oncle Albert, l'anecdote de Tata Janine qui glisse
sur son basset, les pires aventures de votre vie sans relief
vont devenir des sommets de l'art comique. Ah, on peut dire qu'avec un
comique comme vous, elles vont rire à gorge déployée, les poulettes
!
Elles disent : "Arrête, j'en peux plus
/ Encore une dernière / Tu es trop... Ce que tu me fais... Tiens, j'en pleure /
Avec toi, rire, c'est bon". Alors, ça vaut bien la peine de se démener un
peu, non ?
Attention toutefois. Il est important de ne
pas rire de tout à tout moment. Par exemple, il peut être mal venu de faire de
l'humour alors qu'elle vous parle du cancer de la prostate de son cochon dinde
qui fut son premier ami (avant Prince, son cheval de manège), à l'âge
de dix ans. De même, il ya des moments où il est important de se retenir.
Le sage dit "Femme qui rit est à moitié dans ton lit". Quand elle est
complètement dans ton lit, évite donc de la faire rire.
3) L'écouter quand elle parle

Vous pensiez faire simple. Un peu de savon,
une bonne blague et tous au lit. Et bien non. Il manque un point crucial
dans votre technique : l'écoute.
Car les femmes ont besoin de se libérer, de
partager, de papoter, de trouver des points communs et des anecdotes amusantes,
de se remémorer, d'analyser, de se comparer, de critiquer, de commenter,
de douter et même de s'interroger. En gros, et c'est bien naturel, elles
veulent être rassurées. Et ça, ça peut prendre des heures (en gros, vous
n'êtes pas couchés). Comme c'est peut-être la première nuit blanche que vous
passez à porter autant d'attention à quelqu'un, il vaut mieux assurer ses
arrières en buvant d'abord un bon grand bol de café. Prévoyez aussi
quelques munitions. Un sandwich, une friandise à grignoter, un Rubixcube
pour occuper les mains et quelques grilles de Sudoku vous
permettront de tenir, surtout si votre première soirée d'écoute se passe au
téléphone.
Les phrases qui sonnent juste ": Ah
ouais... / Hm Hm / Complètement... / Ah bon... / Non, je t'assure, tu ne me
déranges pas / Je ne sais pas, je n'ai pas tous les éléments/ Oui
j't'écoute... "
Attention à ne pas jouer l'écoute trop
longtemps. Des tests scientifiques ont prouvé que les hommes qui écoutaient
trop longemps les femmes qu'ils séduisent franchissent un moment la frontière
de l'asexualité. Ils deviennent leur meilleur ami, leur nounours, leur
croncron, leur copain de chambré celui à qui on peut tout dire... Sans rien
faire. Au mieux, vous serez le témoin de son mariage ou le parrain
de son premier enfant.
Bien entendu, il reste des milliers de
conseils, mais patience, jeune pousse, il ne faudrait pas que tu apprennes trop
vite. Le meilleur terrain est encore celui de la rue et je ne saurais trop te
conseiller de faire quelques essais en bas de chez toi à l'aide de ces trois
premiers points. Et tu verras, ta vie va vraiment changer....
Moi qui ai toujours rêvé d'être prof, je
crois que je suis bon pour postuler à l'école de la séduction...

http://www.ecoledeseduction.com/
En attendant, je vais me laver une nouvelle fois pour retenir le fauve qui est en moi...
23 mars 2008
Une honte très poilue
- Tu sais, je... enfin, je... bref, samedi soir, si tu fais rien...
- Oui ?
- Ben ça me ferait vachement plaisir... qu'on sorte ensemble... quelque part... enfin pour... manger... d'abord...
Pour une fois, je vais profiter de ma (presque) part d'anonymat pour raconter une de mes hontes du XXeme siècle...
- Oui, si tu veux, pas de problème.
- C'est vrai ? Je veux dire...
- Oui. Tu veux qu'on se retrouve quelque part ?
Il s'agit bien entendu d'une histoire ancienne, enterrée, finie, dont la victime n'a peut être même pas dû garder souvenir, ni même avoir conscience. Il faut dire qu'elle ne savait pas, qu'elle ne pouvait pas savoir, qu'elle n'a rien du comprendre....
- Ben chez toi ou...
- Ou ?
- Ou on peut se retrouver au restaurant, si tu veux (ouais, c'est bien, c'est neutre, le restaurant pour commencer).
Je m'étais déjà fait une idée de la soirée. Le programme était simple : Manger, échanger quelques banalités, quelques caresses furtives (tu sens pas comme du désir ?) puis appuyées (oui, c'est moi et j'ai furieusement envie). Se retenir jusqu'à chez elle. Faire l'amour pendant trois jours. Tester des trucs incroyables. Reprendre son souffle. Boire une limonade en regardant les autres gens du haut de sa fenêtre. Philosopher un peu en testant son shampoing. Manger un peu. Regarder un bête programme tv. Et baiser encore (parce que ça faisait longtemps, que j'en avais furieusement besoin).
- Hello...
- Saluuut...
- ça fait longtemps que tu m'attends ?
- Nooon, je suis arrivé, y a à peine cinq minutes...
On s'était rencontrés à un atelier de dessin. Le genre d'endroit où l'on dessine des poires, des pommes, des bananes, des pamplemousses et des concombres. Tout sauf du nu. On se dévorait des yeux. Il n'y avait aucun doute. Il n'y avait que de l'envie. Suffisait d'inviter. C'était chose faite. J'avais donc tout prévu...
- Tu connais bien les restaus dans le coin ?
- Je... oui... je....
Tout, sauf ça...
- Enfin... des.... oui... non... en fait...
Ses Moonboots poilus.
- Non, ça... je... Plus faim d'un coup...
Petit cours de Tue L'amour
-
Leçon 69
Les Moonboots en ville
(poilus et sans neige)
Mesdames, vous rêvez d'une vraie soirée restaurant avec un gentleman, un homme qui ne tentera pas de vous sauter dessus dés la première rencontre (si tant est qu'il y en est ensuite une deuxième), portez donc nos formidables Moonboots à poils blancs. Chaud à l'intérieur, laid à l'extérieur, cette magnifique paire de bottes moches annihilera tout désir chez votre interlocuteur qui se concentrera enfin sur votre discussion (et très probablement sur le cadran de sa montre). Pour optimiser l'effet Tue l'Amour, n'hésitez pas à les porter alors qu'il n'y a pas un soupçon de neige dans les rues.
Vous souhaitez faire du seins nus l'été sans être importunée ? Portez-les à la plage (mais attention à les enlever avant d'aller nager).
Le Moonboots à poils blancs est l'ami des femmes seules qui comptent bien le rester. L'effet peut-être décupler avec un jogging rose Dorothennis (surtout si vous ne faites jamais de sport).
- Sinon, ils font des crêpes là bas.
- Des crêpes, pourquoi faire ?
- Ben... pour manger...
Qu'est ce qui lui a pris ?
- Ah... manger... oui, manger c'est bien. Quand on mange, on ne... enfin... Oui..
Faut que je pense à autre chose.
- ça me va... au poil...
Je peux pas. Elle a des cuisses de Chewbacca. Je peux pas.
- Bon, on y va ? Tu fais une drôle de tête...
- Je sais. Tout le monde me le dit. "Ah, quelle drôle de tête, dis donc"
Y a même pas un gramme de neige. Qu'est ce qu'elle fout avec ses trucs aux pieds ?
- Et c'est vrai que parfois ma tête est drôle... très très drôle...
Pourquoi pas des raquettes ou un traineau pendant qu'on y est ?
- Va pour des crêpes alors. J'ai une faim de loup...
Et des pieds d'ours. Je refoule mon problème un moment. Nous entrons dans le restaurant. J'écoute sa discussion...
- Tu vois, moi je vais à ce cours parce que j'aime bien le dessin...
En mangeant une crêpe...
- Mais bon, c'est dommage, on ne dessine que des fruits...
puis une autre.
- Des fois, j'aimerais qu'il y ai d'autres modèles..
Puis encore une autre.
- Puis y a pas beaucoup de jeunes...
Et puis une autre encore...
- Enfin, à part toi...
Ma tactique est simple. Il faut qu'elle mange trop, qu'elle n'ai plus envie. Qu'elle se dise que c'est de sa faute. La gourmandise, elle ne résiste pas. Elle n'en peut plus, elle n'aurait pas dû. Elle connait ses limites mais elle n'a pas résisté. Elle s'en veut, c'est dommage, mais c'est comme ça. En attendant, je fais semblant de l'écouter et je l'empiffre...
- Tu veux une autre crêpe ?
J'essaie d'oublier ses Moonboots mais rien n'y fait. Je me dis que normalement, pour un premier rendez vous, on essaie de se soigner un minimum. Moi-même, j'ai mis un tee shirt propre avec mon jeans de la semaine. Je ne demande pas grand chose. Pas la robe de soirée, non. Mais bon, dans ma tête, elle aurait dû se préparer, faire un minimum d'effort. Peut être même s'épiler simplement. Tout sauf ces Bibifocs morts qu'elle porte nonchalamment comme s'il fallait rajouter des touffes aux jambes pour se donner l'air sexy.
- Je peux aussi recommander du cidre, si tu veux...
Elle n'a même pas l'air de se rendre compte. Pour elle, c'est normal. Des Moonboots en pleine automne, allons donc. C'est du dernier chic... En Alaska.
- Non merci, j'ai déjà trop abusé....
Dans quel état d'esprit pervers il faut être ? Si ça se trouve, c'est un test. Si je passe les chaussures, j'aurais ensuite le pyjama en pilou. Ou elle est poilue de partout et elle essaie juste de me préparer.
- J'habite pas loin, si tu veux, on pourrait...
- ...Prendre un dessert ici, oui. Ils ont de très bonnes glaces à ce que je vois... Tu prends quoi, toi ?
Ou alors elle a trouvé quelqu'un. Elle n'ose pas me le dire mais elle a mis ses bottes pour que je n'insiste pas.
- Je te dis, j'ai plus faim...
- Sûre sûre ?
J'essaie de me concentrer sur autre chose. Ses sourcils par exemple. Ils sont énormes, noirs et très fournis. Je n'aurais jamais fait attention sans ces maudites....
- Vraiment, je peux plus. Mais si tu passes chez moi...
Vite, ma phrase Joker, celle qui indique la sortie. Attention, en deux mots...
- Bon ben...
L'Actor Studio présente :
le Lâche des Grands Soirs
- J'suis crevé... J'ai pas arrêté aujourd'hui... Quelle heure il est... Ouch... Dis donc, dis donc. Si tard que ça... Avec toutes ces crêpes, j'ai rien vu passer... ça filoche, faut que j'y aille. Demain, c'est réunion de famille. Je me lève tôt... Mais c'était chouette. Faudra qu'on se refasse ça. C'était une bonne soirée. Très bonne même. Je suis content qu'on se soit vus ailleurs qu'au cours hebdomadaire. C'est bien de se connaître. On a rarement l'occasion. J'ai adoré. On se fait la bise. Et puis ben... au prochain cours. J'adore tes desseins. Change rien. Je file. Chusss...
Au final, je ne suis jamais retourné à ce cours de dessins. Marre de dessiner des fruits avec des personnes âgés. Plus l'envie. Peur de voir l'une d'entre elles servir de modèle.
J'ai préféré abandonner. Je m'en suis voulu de ne pas lui avoir dit d'emblée. Après tout, une faute de gout, ça peut arriver. Et cette histoire, c'était la goutte d'eau dans un moment de désert affectif. Une goutte d'eau avec des poils, certes. Mais une goutte quand même. J'aurais pu être rassasié. J'ai préféré continuer.
(Bon,maintenant, ça s'est avoué, quelle sera la prochaine honte ? Suspense)
12 mars 2008
Court mais bref, 2
Entre trois changes et deux biberons nocturnes, j'ai percé le mystère du magazine féminin, l'élément secret qui change n'importe quelle ligne de texte en top news fashion Uber tendance.
Il était quatre heures du mat, il était devant moi, il était là.
Le grand "On".
Le nouveau disque de Paul Roberts avec son single remixé de "Je t'aime, je t'aime (mon amour je t'aime)" ?
On en est folles !
La jupe droite coupée à carreaux avec une frange sur le dessus ?
On la range au fond de l'armoire ou on la donne à sa cousine moche.
Une séance de maquillage chez Louis La Pierre Grangé avec des concombres et du cacao ?
On y court !!
Des frites, du nougat et un peu de zèbre pour ce midi, ça ira les filles ?
On en salive d'avance !
Le dernier sac des stars avec la bible des merguez, le nano portable vert fluo et un toy à emporter ?
On se l'arrache !!!
La copine qui hurle nue en rentrant de soirée avec trente grammes d'alcool dans le nez et qui croise un fourgon de CRS qu'elle insulte copieusement avant de s'endormir la tête la première sur un coin d'Abribus ?
On en est toutes jalouses !!!
Ouais...
Il en aura fallu du temps pour comprendre, mais je l'ai bien percé le mystère.
Ah ah.
On fait moins le malin maintenant...
et si un jour, je change de métier...
si je veux..
Bon...
Un lit avec des draps et un sommier ?
On en rêve !
Allez, je vais me recoucher.
Court mais bref
Entre Bof et Mouais, il y a Mwof...
04 mars 2008
Chronique d'une naissance arrivée
- Monsieur, on s'occupe de vous ?
- Euh, non... non, en fait, non...
- Qu'est-ce qu'il vous faut ?
- Alors, j'aurais besoin de deux boîtes de paracétamol ainsi que du sérum biologique...
ça y est, elle sourit...
- d' une boite de coton tige...
Elle est toute attendrie...
- Ainsi que du lait en poudre...
Dans sa tête, c'est plein de petits chats de calendrier,
- des couches nouveau né...
... des hommes imberbes qui bercent leurs enfants nus...
- Des biberons premier âge...
...des couples de chevaux qui galopent au soleil couchant.
- ... et du truc pour nettoyer le cordon...
- Il est arrivé quand ce petit boutchou ?
On se connait ? Pourquoi elle me parle comme ça ?
- Euh... y a quelques jours... presque une semaine...
Elle me sort un panier de derrière sa caisse
- Tenez, cadeau de votre pharmacien...
- Ah merci, c'est sympa...
Nouveau sourire. Elle est du coté Choupinet de la Force
Je jette un coup d'oeil au panier. Du savon, du lait, des échantillons, un doudou, une couche propre. C'est sympathique mais il manque tout de même l'essentiel : des boules Quiès et du Guronzan. Ce me semble être un minimum pour une naissance. S'habituer au bruit et au manque de sommeil, c'est la première étape.
Et puis j'essaie de comprendre. Pourquoi l'annonce d'une naissance produit un tel effet niaiseux sur les gens ?
D'accord, un nouvel être arrive et c'est formidable.
Les parents et les enfants sont heureux de vous annoncer l'arrivée de la nouvelle venue.
Du bonheur à venir, des rires de bébés en cascade. La famille s'agrandit, c'est formidable, tendre et émouvant. Mais pas seulement...
Car un enfant, avant tout, c'est :
- Un intestin avec des yeux qui ne vous regarde pas (de toute façon, avant un petit moment, il ne voit rien)
- Du vomi lacté sur l'épaule ou sur le voisin derrière selon la dose de lait régurgitée
- Un cordon qui moisit et ressemble à une nouille chinoise conservée trop longtemps derrière un placard...
- Des nuits d'angoisse de ne pas savoir quoi faire parce que même les bras n'empêchent plus les hurlements et qu'à la quatrième, cinquième ou dix huitième nuit blanche, on hésite à pleurer en coeur pour relâcher les nerfs et voir si par hasard, ce ne serait pas ça la solution pour calmer ce petit être qui ne semble pourtant n'avoir rien d'autre qu' un système digestif qui se met difficilement et bruyamment en place et qui mobilise toute son énergie bien qu'on aimerait fermer les yeux cinq minutes plutôt que d'agiter les bras pour faire un semblant de balancier qui ne sert à rien puisque les cris redoublent alors qu'au contraire, on souhaiterait le calmer pour se reposer un instant et qu'on teste la limite de ses nerfs au moment même où la nuit commence...
- La peur de noyer, de brûler, de frigorifier, de tordre, de casser un os, de laisser tomber, de glisser, de ne pas être capable et pourtant, d'être toujours présent au moindre hoquet pour être bien sûr que rien de terrifiant ne soit arrivé en son absence sans qu'on soit bien pas sûr de pouvoir faire quelque chose pour le bien être de ce nouveau né.
- Des tonnes de couches et de lingettes dont l'odeur imprègne la pièce et nous rappelle qu'il n'y a rien de plus polluant qu'un bébé...
- Des bagarres de tétines qui bavent, qui ne sont pas adaptées, qui ont plusieurs vitesses sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, qui tombent dans le biberon parce que ce n'est pas la même taille et qu'il faut tout recommencer...
- Des sourires qui font plaisir juste avant que la tête ne rougissent, premier signe annonciateur d'une future couche sale à tartiner...
Bref...
Pourquoi personne ne nous prévient ? Pourquoi cet air niais plutôt qu'un air concerné ? Quelques conseils pour ne pas paniquer. Un kit parents avec un peu d'herbe pour détendre en fin de soirée. Des magazines futiles et agréables à l'oeil. Et surtout un conseil pour dire que ce n'est pas grave et qu'après cet période difficile, le meilleur devrait arriver.
En attendant, bien choisir son arme :
Sophie.
La Girafe.
Appuyer dessus.
Trouver ça bien con.
Recommencer plusieurs fois.
La machouiller un peu.
Finir par aimer ça.
Prendre de l'avance sur son enfant.
Gagatiser avant lui.
Et voir son sourire pour la première fois.
Et se dire "Et merde, moi aussi j'ai cédé à la Niaisité"




