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Ce texte ayant été écrit dans le train, il y a quelques petits problèmes de typo...

  • Monsieur, on vous sert ?

Je m'avance vers elle, pose la cage sur le guichet.

  • Une boîte de vermifuge, s'il vous plaît....

Elle ne quitte pas l'animal des yeux.

  • Pauvre chat, il est tout apeuré. C'est un mâle ou une femelle ?

Ce que je craignais arrive.

  • Une femelle

  • Elle est toute jeune, non ?

  • Oui. Elle a à peine six mois...

  • Elle est toute mignonne...

Elle tend prudemment un doigt vers la cage.

  • Pitipitipiti...

Elle est tombée du côté Choupi de la Force. Mon chat est trop angoissé pour oser s'approcher.

  • Qu'est-ce qu'elle a la pauvre ?

  • Rien de grave, on vient juste de lui enlever les fils...

Elle me lance un regard poliment mauvais. Si elle n'était pas derrière son guichet, elle me dirait quel bourreau, je suis.

  • Au début, je voulais pas l'opérer. Mais je vis en studio. Et elle avait ses chaleurs toutes les semaines.  Alors à force...

En attendant, le mieux qu'elle puisse faire est un soupir, un « pauv' bête » de compassion.

  • Quand même, ces bêtes là, c'est pas fait pour la ville.

  • C'est vrai. Mais je n'ai pas de maison de campagne. Et puis, on me l'a offert alors... De toute façon, c'est une vraie chatte de ville. Elle sort jamais quand j'ouvre la porte. Et puis chez moi, elle chasse la souris..


  • Elle tente de comprendre, grimace un sourire. Qu'est ce qu'il essaie de dire ce grand imbécile ?
  • Ma souris d'ordinateur... Parce que... j'ai... enfin...

  • Une boîte de vermifuge, donc...

  • Oui....

    Elle file vers l'arrière boutique. Quelques secondes loin de ce monstre lui feront le plus grand bien.

  • Et voilà. Il vous faut autre chose ?

  • C'est à dire... oui...

  • Elle lève les yeux de son ordinateur.

  • Une boîte de gel... Enfin, je veux dire.... un lubrifiant.. à base d'eau... Enfin, si vous avez...

  • Mon chat approche sa tête de la grille. Elle préfère fermer les yeux plutôt que de le regarder. Pauvre petite chose.  Si seulement, elle avait pu vivre à la campagne. Elle revient avec la boîte, prend sur elle de m'interroger à nouveau.

  • Ce sera tout ?

    Elle est tellement gentille. Je lui renvoie mon plus beau sourire.

  • Merci, oui. Avec ça, nous avons tout.

    Je sors de la pharmacie. A travers la vitre, je croise son regard qui ne me quitte pas. Si jamais elle me voit dans les journaux, elle pourra dire qu'elle savait. Qu'elle m'a vu. Que dans son métier, tout est possible. En attendant, elle détourne le regard, reprend un semblant de sourire et

  • Madame, on s'occupe de vous ?   

De toute façon, la ville n'est qu'un foyer de pervers. Elle l'a toujours su.