19 octobre 2009
Avez-vous la lumière ?
Je termine mon café d'un trait.
- Les toilettes, s'il vous plaît ?
- Au fond à droite.
- Merci.
Je m'y précipite en prenant l'air détaché de celui qui fait mine d'avoir le temps.
Les voilà donc...
Pas de problème, nous sommes bien dans un café parisien.
Et pour que tous mes sens en profitent, je voudrais de la lumière.
Alors... Interrupteur, mon ami, où te caches tu ?
Un coup d'œil à l'extérieur.
Rien.
Un coup d'œil à l'intérieur.
Pas plus.
Mince.
Je ressors un instant pour être bien sûr.
Ah, un interrupteur.
J'allume.
J'entends un "Oh !" en provenance des cuisines.
Je rappuie.
La lumière revient.
Chez eux.
Car pour moi, nada.
Nouveau coup d'oeil à l'intérieur.
Il est peut-être derrière la porte, l'endroit est petit, je n'ai pas vraiment regardé et...
Rien du tout.
Bon, passons aux théories.
Peut être que la lumière s'allume quand on tourne le loquet.
Suffirait de fermer pour voir.
En même temps, ils préviennent généralement.
Alors que là, pas un mot.
Même pas un "tire la chevillette et la lumière cherra"
Bon allez, je suis pressé, je tente.
Lumière, allume...
Rien...
De l'autre côté de la porte, quelqu'un tousse.
Il attend lui aussi.
Qu'est ce que je vais faire ?
Je ne vais quand même pas ressortir pour chercher la lumière.
Il va comprendre que je me suis enfermé comme un idiot.
Il tente d'ouvrir la porte.
De toute façon, quand je sortirais, il comprendra que je suis resté dans les ténèbres.
Et si c'est un habitué, il va rire en crachant sa Gitane.
Tant pis, je vais me débrouiller comme ça.
Si j'avais pas arrêté de fumer, j'aurais au moins un briquet.
C'est joli et puis ça met de l'ambiance.
Alors que là...
Et mon porte clef phosphorescent ?
Bof, ça m'aide pas beaucoup.
Maintenant, mon plan c'est de tenir le plus longtemps possible.
Attendre que l'autre se lasse. Qu'il aille voir ailleurs.
Je ne sortirais que quand l'espace sera libre.
En même temps, tant que je suis enfermé, comment savoir si quelqu'un attend ?
Je retiens ma respiration.
Pas un bruit.
Oui mais.
C'est peut être une astuce.
Pour m'obliger à sortir.
Me faire croire qu'il n'y a plus personne.
Si seulement, il y avait une caméra. On se poserait plus la question.
Et on y verrait un peu.
Tant pis, je tente la sortie.
Prendre un air dégagé.
Le parisien qui n'a pas le temps.
Y avait pas de lumière ? Ah oui, tiens, j'avais pas vu.
Maintenant que vous me le dites.
Moi, de toute façon....
Je touche la porte et je le trouve. Sur le côté.
Il est tout petit.
Le plus petit des interrupteurs.
Et la lumière fût.
Je profite une dernière fois du spectacle.
Dommage que ce soit pour la sortie...
Commentaires
Avant de découvrir la chute, je me suis fait la réflexion que tu avais vécu ce qu'on appelle communément "un grand moment de solitude"...
Ca m'est arrivé plus d'une fois, un grand moment de solitude, oui comme dit Charlie, surtout quand on ne connait ppas du tout les lieux.
Ranx, ce que tu ne dis pas, c'est si tu as pu te "soulager" proprement.
:-)))))
Charlie > tout à fait. Mais j'ai l'intime conviction que les "moments de solitude" sont des expériences vécues par beaucoup de monde... qui n'osent pas le dire (en meme temps, il faut un certain talent pour dire aux copains "oh la la, je viens de sortir des toilettes, j'ai pas trouvé la lumière" et rendre ça intéressant.
uovo > l'astuce de l'homme, c'est le pied. Si la chaussure est sèche, c'est que rien n'est tombé à côté... Maintenant, il faut aussi un peu d'oreille pour être sûr de bien atteindre sa cible.
Les moments de solitude... presque une habitude de vie pour moi !
Encore très drôle !
Oh, je crois que c'est une habitude pour tous... Et encore heureux de t'avoir fait sourire :)
hum, le portable, c'est pas mal pour éclairer a little beat (sans mauvais jeu de mots!!!)
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