- Mince, j'ai pas pris de litière, faut que je retourne au supermarché.

Parfois, la vie d'un blogueur ressemble à celle de Monsieur Tout le Monde.

- Pas grave, un coup de voiture, j'y retourne.

Mais pourtant, il y a une différence qui ne trompe pas...

- En même temps, je n'ai pas de monnaie. Pas grave, je tirerais des sous.

Me voilà devant les portes du supermarché, où une dame tout en dents rangent les courses dans son coffre tandis que son fils coincé dans le caddie machouille un Pepito.

Il fait gris, pas très beau.

Deux couples d'ados squattent un banc en exposition, se pelotant la cuisse, envoyant des SMS, partageant un sandwich. Je les trouve glauques d'abord. Et puis je me dis que ce sont des privilégiés. Ils sont en couple, ils ont le droit de s'asseoir au chaud. Les célibataires restent dehors les fesses posées sur leur mobylette quand ils ont la chance d'en posséder une.

Et d'un coup, je réalise que je n'ai pas ma carte, que je n'ai pas de chèque, que je n'ai que de la petite monnaie. Tant pis, puisque je suis là, je vais dans le rayon. Peut-être aurais-je assez. Peut-être pas.

Si c'est le cas, tant pis. Ce sera mon samedi lèche-vitrine, rayon litière.

...Monsieur Tout le Monde ne raconte pas ces instants de grande médiocrité.