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Ce soir comme tous les ans, ça va recommencer.

Ce soir comme tous les ans, j'en ai pour deux soirées.

Deux soirées de fiesta.

Deux soirées de danses populaires.

Deux soirées où l'enfer ressemble à un mauvais karaoké.

Ce soir, et pour deux soirées, je vais subir le bal des pompiers. 

Mes fenêtres donnent sur leur caserne.

A chaque fois, je les entends monter l'estrade, bien contre le mur mitoyen, afin que tous les locataires puissent en profiter. 

Dans la journée, les "un... deux... un... un... " de l'ingé son vont ponctuer ma vie.

Ce n'est rien.

Le calme avant la tempête.

Le vrai cauchemar commencera quand le groupe montera sur scène en lançant "Bonsoir Paris !".

A partir de ce moment M, les deux prochains jours seront une immense farandole avec des chenilles qui redémarrent, des bons pour le moral, des y a k'à danser et autres choses qui font rire les oiseaux oh oh oh. 

Je pourrais enfouir ma tête sous mon oreiller, rien n'y fera. La lambada fera trembler mes murs.

- Ben pourquoi t'y vas pas, gros bêta ?! vous demandez-vous.

Et bien, j'y suis allé...

Et c'est un autre problème.

Tout le monde fait la fête.

Tout le monde est content.

Les femmes n'ont de yeux que pour les pompiers.

Je pourrais bien entendu me faire passer pour l'un d'entre eux...

Me raser le crâne, perdre quelques kilos, suivre un programme intensif de remise en forme, perdre quelques années...

Bon, pas la peine, j'irais comme au Mc Do, telle que je suis.

Pas le choix de toute façon.

Et me voilà, au milieu de cette foule. 

Je me sens comme une île perdue au milieu de l'océan, un jardin merveilleux, un spectacle permanent. 

Heureux.

Mais seul.

Je déambule entre les gens, prend un verre, dernière cigarette, plus rien ne bouge.

Je regarde par terre, c'est plein de kleenex et de bouteilles vides, je suis tout seul, tout seul, tout seul.

Bon.

Je vais pas passer ma vie à faire semblant de me dandiner sur de la musique de foire.

Surtout que mon verre est vide.

Je ne le laisse pas tomber, c'est pas si facile.

Bon, je reste un peu, me disant qu'Etienne, tiens le bien... 

Au secours, je fuis, j'en peux plus, j'ai des chansons plein la tête.

J'arrive chez moi et me rend compte qu'il n'y a pas de limite au goût de l'after beat

Je vais m'allonger, faire abstraction du Cé Cé Cé Célimène (allez!)

A chaque fois, je me dis que ça va passer mais le chanteur demande "ça va" ?

Je vous entends pas, ça va ?! 

Vous êtes timides ? ça va ?!! 

Et bien Paris, on continue avec c'est la fête au village, les parents, les enfants ont avalé leur potage... 

A six heures, une fausse Withney Houston crachote qu'elle sera toujours là pour nous, signe qu'il est l'heure d'aller se coucher pour certains, de terminer la nuit pour d'autres.

C'est la fin...

La fin de la première nuit...

Il faut dormir un peu.

Tenter d'oublier car demain soir, ils reviennent du bout de la nuit,

les démons de minuit (allez, tous avec moi !)