- Dans mon rêve, il y avait une odeur de caoutchouc brulé. Je voyais rien mais j'entendais. ça cognait, ça perçait, ça s'engueulait dans une langue que je ne comprenais pas. Parfois, c'était le silence total comme si on était abandonné mais le plus souvent, c'était en activité. Je ne saurais pas dire combien on était mais on était nombreux. Peut-être des milliers à rester là, sans bouger, la peur au ventre, tandis qu'on nous martyrisait...  

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- Dans ma tête, j'ai zappé cette partie. Tout ce dont je me souviens, c'est que c'était horrible. C'était inhumain. J'avais envie d'hurler mais rien à faire, ça restait au fond de moi. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, tout ce que je sais c'est que j'ai fini par perdre connaissance. Et quand je me suis réveillé, j'étais debout, attaché.

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 - J'avais beau me débattre, impossible de me détacher. Devant moi, je distinguais des couleurs mais rien n'était clair. C'était comme si j'avais un voile devant mes yeux. J'étais en panique. En même temps, je n'avais plus mal. J'étais enfermé, prisonnier et devant moi, ça s'agitait. 

DSC01155- Et puis, un jour, j'ai perdu pieds. Tout bougeait autour de moi. Je me suis accroché comme j'ai pu. J'ai distingué une grille en métal devant moi, un bip bip, puis un son humain, une voix qui donnait un chiffre. J'ai encore été secoué quelque fois avant que le ciel ne se déchire. C'était un bruit assourdissant, je voulais protéger mes oreilles mais impossible, je ne pouvais toujours pas bouger. Une main énorme est apparue. Elle m'a sorti de ma cage et j'ai enfin pu voir. Une petite fille.

DSC01156- Elle m'a pris dans ses bras, elle m'a serré le plus fort possible. Pour la première fois, je n'étais plus un objet. J'étais presque libre. Je ne pouvais pas m'échapper mais je pouvais parler. Alors j'ai dit ...

- Maman ?

- ... ? Comment tu sais ?

- J'ai déjà fait le même rêve...

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