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Vous le savez, le matin est le moment le plus important de la journée, celui où tout est possible, où la vie n'est encore qu'une immense page blanche qu'on s'appliquera à remplir de mille évènements quotidiens. Alors, je ne sais pas pour vous mais pour moi, il s'agit de ne pas rater ce rendez-vous !

C'est pourquoi chaque geste compte, chaque action aura une valeur sur la journée à venir. Pour ne pas rater ces premiers instants, je me suis fait une feuille de route quotidienne, une discipline que j'essaie de tenir chaque matin afin que ma journée démarre sous les meilleurs auspices. 

Un petit secret que je suis heureux de partager sur ce blog avec vous. J'espère que cela vous inspirera.

D'abord, ma première pensée, celle qui fait que cette journée sera comme une nouvelle naissance, celle qui guidera mes prochaines 24h. Parfois, c'est "déjà ?", parfois "pas tout de suite", parfois "mais il est où ce réveil à la fin?!" (malgré ma légendaire bonne humeur, je suis parfois un peu bougon de bon matin, hi hi). Parfois c'est "pateux" quand un mauvais goût en bouche qui a macéré toute la nuit pour s'échapper de bon matin.

Je me redresse pour mieux laisser l'air s'insérer dans mes poumons. En bon adepte du yoga, j'expire, donnant l'impression de libérer les écuries qui auraient passer la nuit au fond de ma gorge. Un salut au soleil, le temps de me gratter le dessus de l'oeil et me voilà, debout, prêt à commencer une nouvelle journée.

La première pièce que je visite est souvent révélatrice de mon état d'esprit. Pour moi, c'est la salle de bain. Un bonjour au miroir, ne serait-ce que pour être en accord avec moi-même, qui me permet de remarquer que je n'ai pas vraiment bonne mine. J'en profite pour observer mon sourire et déloger les impuretés qui auraient échappé au dernier brossage de dents. Il n'y a rien de plus désagréable de démarrer son petit déjeuner avec un reste de morceau de veau coincé entre deux molaires. Même si c'est ludique à enlever d'un coup de langue, ça donne un petit goût animal au café.

Après un petit besoin bien naturel, je suis prêt à communiquer avec l'extérieur. J'ouvre ma fenêtre et porte mon regard sur la ville. En face, la voisine accroche les chaussettes de son fils sur son tancarville, bercée par le tac-tac-tac du marteau piqueur du chantier d'à côté. Des morceaux de vraies vies que j'absorbe par de courtes inspirations. Les voitures ne sont pas en reste et c'est un concerto de klaxons qui piaillent sous mes fenêtres comme des oiseaux affamés. La circulation se fait aussi à l'intérieur et il est temps pour moi de nourrir ce corps avide de nourritures matinales.

J'attrape ma tasse fétiche, celle où mon nom est inscrit en breton dessus, et je la pose délicatement sous mon percolateur. Après avoir mis deux dosettes, et rajouté une pointe de lait, j'appuie sur la machine qui me délivre mon nectar quotidien. Je souffle sur le café chaud, un petit nuage en sort qui me rappelle que moi aussi, je suis un peu embrumé. Néanmoins pour me donner de la force, je suis prêt à engloutir ma potion magique !

Mon corps est réchauffé, j'ai besoin d'un carburant qui me permettra de tenir la route pour la journée. J'opte souvent pour des Prince de Lu, au chocolat, parfois mi-goût, ou pour des BN adu même goût. Leur sourire est communicatif et j'ai parfois des remords de croquer à pleines dents ce biscuit plein de saveur acheté au Super U du coin. En cas de panne, pas de panique, il reste des Figolus, ouvert il y a six mois, acheté sur un coup de tête. Ils sont certes un peu mous et moins savoureux. Pour autant, ils sont si attachants qu'ils tiennent autant au corps qu'aux dents.

Mon esprit est maintenant tout à fait réveillé, je peux enfin ouvrir une fenêtre sur le monde. M'armant de ma télécommande, je parcours les chaines, à l'affût de la moindre information qui m'aurait échappé. Le match de la veille, les rendez-vous importants, les conflits syndicaux, tout un tas d'informations hétéroclites qui viennent abreuver mon cerveau en éveil. Une vie de drame, de tension mais aussi de bien-être et de comédie défile sur mon écran.

J'apprends aussi qu'il y a une remise de 5 pour cent pour l'achat d'une deuxième ceinture amincissante. Une information qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Le jour où j'aurais besoin d'un cadeau, je saurais quoi offrir grâce à cette mine d'or qu'est le téléachat du matin.

Maintenant que j'ai reçu, je peux enfin donner. J'allume mon téléphone, un petit coup d'oeil à ma messagerie et un nouveau statut sur FB, pour dire à tous mes BFF que je suis en mode DIY, FYI. Je cours sur Spotify partager une playlist qui dira que je suis cool à tous ceux qui en ont quelque chose à faire.  

Mon café bu, il est temps pour moi de retourner à la salle de bain. Je retire le son de mon téléphone (parce que le boum-boum musical, ça va bien deux minutes), prêt à céder au rituel du lavage quotidien. Pour ma part, j'utilise un savon qui permet de laver efficacement, d'effacer les dernières traces de la nuit et d'apporter une fragrance bienvenue après ce long sommeil. Une odeur de bien-être, comme une caresse subtile, qui se mélange sans fausse note à l'eau courante qui glisse le long de mon corps. 

Pour l'eau, mon secret c'est d'être ni trop chaude, ni trop froide. Trop chaude, on se brûle. Trop froide, on s'enrhume. Pour autant, attention à ne pas être trop tiède. Un juste milieu, un savant dosage et la journée s'annonce parfaite. Une eau trop chaude et me voilà prêt à me tartiner de Biafine en hurlant sur mon sort. Pas le meilleur moyen de démarrer du bon pied (:-) !

Une fois lavé, il est temps de choisir les vêtements qui vont refléter ma personnalité du jour. Tout d'abord, j'enfile le classique combo chaussettes-caleçon, qui me permet de ne pas avoir froid au pied et de couvrir une partie que je ne souhaite pas montrer à mes camarades et collègues.

Ensuite, je ne sais pas vous mais moi, je suis très pantalon. Comme un allié fidèle, il est souvent là, se reposant sur une chaise, mon compagnon de la veille qui me donnera l'assurance dont j'ai besoin pour marcher sous le regard impitoyable des autres citadins. Un tee-shirt, un polo ou une chemise, mille choix s'offre à moi (enfin, trois). Parfois, j'agrémente ma tenue d'un pull, voire d'une écharpe, afin d'éviter d'attraper froid (souvent l'hiver, parfois l'été). Enfin, il est temps pour moi de mettre mes chaussures. Une à chaque pied et dans le bon sens. 

Vient le rituel du lassage de lacet. Chaque jour j'ai l'impression de redécouvrir ce moment, de réapprendre à faire le noeud, comme s'il s'agissait d'un premier défi lancé. Si j'y arrive, la journée est réussie. Autant vous dire que j'y arrive souvent ! 

Enfin, mon casque sur les oreilles, je ferme ma porte et lance la musique qui me permettra de transformer mon quotidien en comédie musicale. Pendant trois minutes parce que le wifi marche pas bien et que la 3G, dans mon quartier, c'est pas ça...

Mes clés en poche, filant comme l'éclair sur l'autoroute de la vie, je me rends compte que je n'ai rien débarrassé, que je ne me suis pas lavé les dents, ni rasé, que la vaisselle traine toujours au fond de l'évier...  

Pas grave, ma bonne journée peut déjà commencer.