2998936831_1_11_EVdy4ya9

Octobre, midi.

Nous profitons de la douceur du soleil pour manger en terrasse. A coté de nous, quatre peintres en batiment terminent leur café. L'un d'eux, bonnet sur la tête, se roule une clope en face de moi avant de m'envoyer la fumée en pleine figure. J'hésite à lui dire. J'ai peur qu'il se vexe, qu'on en vienne au main, que je lui montre à quel point je lui suis supérieur, maitrisant parfaitement toutes les techniques de combat, et puis bon, c'est un peu de ma faute, fallait pas manger en terrasse, ils ont bientôt fini, tout ça ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir.

En attendant qu'il termine sa clope, je profite comme je peux de ce moment, crachotant parfois le nuage que j'aspire involontairement. ça ne dure que quelques minutes. Bientôt, il écrase sa clope. tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir.

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, nos plats arrivent. Un bête croque-monsieur que je vais me dépêcher d'engloutir. Je goûte un peu et m'apprête à rajouter du sel.

A côté de moi, le peintre retire son bonnet, se passe la main dans ses dreadlocks. Et d'un coup, il neige sur mon plat. Un vent de pellicules vient se poser en douceur sur mon croq'. Impossible de différencier ce qui vient des cheveux, ce qui vient de la salière.

- Alors, il mange pas le monsieur ?

- Non, c'est pas ça, c'est que...

- Il est pas assez chaud soon croq' ?

- Non, seulement...

- Il a un goût ?

- Oui, voilà...

Le serveur en coupe un morceau, le mâche quelques instants et hausse les épaules.

- Il est comme d'hab'

 

Comme d'hab... Avec un petit truc en plus. Le secret du chef que je ne lui révèlerai pas.